Ernest Blerot

Biographie d'Ernest Blerot

Ernest Blerot est né le 21 février 1870 à Ixelles. Issu d'un milieu catholique bourgeois, il est le cadet d'une famille de trois enfants.

Dès son plus jeune âge, il fait preuve d'un esprit inventif ; en effet, à quatorze ans, il met au point un brevet similaire au principe des serrures Yale. Il aime faire des randonnées et des excursions entre amis. Il se rend souvent en Suisse dans le massif du Cervin. C'est très certainement dans ce pays qu'il a pu contempler la flore locale qui l'inspirera dans toute son œuvre.

Il obtient ensuite son diplôme d 'architecture à Saint-Luc.

A 27 ans, il construit sa première maison ; le n° 46 de la rue Belle -Vue à Bruxelles, c'est à partir de ce moment là qu'il se consacre durant sept années à la construction architecturale.

De 1899 à 1901, il construit un ensemble remarquable de 17 maisons dans la rue Vanderschrick à Saint-Gilles. Ensuite, 11 maisons dans le quartier Saint-Boniface à Ixelles et une quinzaine de maisons dans les nouveaux quartiers du Sud de Bruxelles. C'est une œuvre considérable en un laps de temps très court, au total plus de 28 immeubles sont édifiés.

Cela s'explique par l'utilisation d'un plan unique pour l'intérieure. Seul la façade étant individualisée. Cette standardisation, innovation pour l'époque, réduisait le délai de construction et faisait baisser son coût.

Malgré tout, vers la fin de sa carrière, il se tourne vers une clientèle plus aisée et réalise des œuvres totale, dessinant tous les éléments décoratifs tels que les ferronneries, les vitraux, les mosaïques, ainsi que les boiseries comme les rampes d'escalier, les arcades de séparation entre deux pièces et jusqu'aux poignées de portes, ainsi que certains éléments de mobiliers.

Entre 1901 et 1908, il édifie son hôtel particulier au coin de la rue Vilain XIIII et de l'Avenue du Général de Gaulle. Cet hôtel était l'un des plus remarquables immeubles d'angle de Bruxelles et il y fit son bureau. Il a été détruit en 1964, de même que la maison du peuple de Victor Horta pour laisser place à une architecture moderne, plus fonctionnelle mais dénué d'âme.

La totalité de l’œuvre d'Ernest Blerot comprend près soixante habitations. Il en reste quelques dizaines dont certaines sont classées et d'autres font l'objet de rénovation par le patrimoine.

A quarante ans, en 1910, il épouse Yvonne de Gheus d'Elzenwalle âgée à l'époque de 20 ans.
Ils ont quatre filles ; Gisèle, Simone, Zoé et Monique. C'est à cette époque qu'il abandonne ses activités professionnelles. Durant l'entre-deux guerres, il s'occupe tout de même de la transformation de ses immeubles personnels en les subdivisant en appartements.
 
En 1919, après la première Guerre mondiale, Ernest retrouve entièrement en ruine le château familiale. Ce château se situe à Voormezele, dans la région d'Ypres. Il appartenait depuis plusieurs générations à la famille de son épouse. Il se consacre à la reconstruction du château en utilisant exclusivement du béton de sa composition fait à partir des vieilles pierres. Cette remise à neuf durera de 1920 à 1929.

Durant les vingt huit années qui suivront, Blerot n'aura quasiment plus d'activité architecturale. Passionné de mécanique, il dessine de nombreux prototypes de véhicules automobiles, élabore un système de filtration d'eau pour le château ainsi qu'un projet d'éolienne qui ne verra jamais le jour car l'électricité arrive au village.
 
Il décède à Ixelles le 19 janvier 1957, dans son hôtel particulier et est enterré à Voormezele.